4 juin 2018 -
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L’architecte du Masterplan de Sion 2026 : « C’est nous qui décidons, et c’est tout à fait nouveau »

4 juin 2018 -
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L’architecte du Masterplan de Sion 2026 : « C’est nous qui décidons, et c’est tout à fait nouveau »

Rainer Quenzer, spécialiste mondial des constructions temporaires et durables, a conçu la planification de Sion 2026. Il est formel : « Je peux affirmer que notre projet ne laissera pas de fardeau fiscal ».

C’est un homme réfléchi, pondéré, précis, et on l’avait très peu entendu jusqu’ici. Rainer Quenzer est pourtant un acteur essentiel du projet Sion 2026. Il est en effet l’auteur de son Masterplan, c’est-à-dire du programme détaillé de tous les éléments d’infrastructures et de logistique de la candidature suisse aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2026. Avec son bureau de conseil qiip.ch, basé dans le canton de Zurich, Rainer Quenzer, 53 ans, s’est fait une spécialité de proposer des solutions innovantes et durables aux grands événements sportifs. Concours Eurovision, Formule-E et Jeux Olympiques ont fait appel à ses compétences pour mettre sur pied des structures temporaires pouvant accueillir des dizaines de milliers de spectateurs.


Rainer Quenzer a conçu le Masterplan de Sion 2026 avec une obsession qui s’exprime en deux mots : durabilité et économies. Dans une longue interview accordée le 2 juin au Walliser Bote, il a précisé nombre de points qui font l’objet de questions ouvertes et, souvent, d’interprétations erronées. Résumé en quatre points.


1) Pas d’éléphants blancs, pas de structures disproportionnées. Rainer Quenzer le dit lui-même, il était choqué de voir, un an seulement après les Jeux d’Athènes de 2004, des stades fermés, des installations laissées à l’abandon, des zones sportives délaissées. « Se fourvoyer à tel point avec l’argent public est impensable. Sion 2026, c’est exactement le contraire. Parce que nous décidons nous-mêmes ce que nous proposons. C’est tout à fait nouveau et absolument central. » La situation a en effet radicalement changé. Depuis l’adoption de son Agenda 2020, le Comité international olympique travaille main dans la main avec les candidatures ou les organisateurs de Jeux futurs pour leur permettre de réduire les coûts. Il n’y a plus, par exemple, de capacité minimale pour tel ou tel événement, pas même pour la cérémonie d’ouverture.« Nous avons proposé d’aménager le Stade de Tourbillon et de monter sa capacité à 25'000 places, avec des structures temporaires, explique Rainer Quenzer. De même, il n’y a pas besoin de bâtir une tribune de 3000 places pour le freestyle alors qu’on sait qu’elle ne sera pleine que pour la finale. » L’idée, c’est d’être le plus souple possible et de compter sur les infrastructures existantes. A cet égard, la Postfinance Arena de Berne est une patinoire qui répond parfaitement aux besoins. Rainer Quenzer note encore que la plupart du temps, les excès entourant les Jeux n’ont pas été le fait du CIO, ni même été provoqués par lui. A Sotchi, une structure temporaire avait été proposée pour le curling, mais les organisateurs voulaient tout construire à neuf…


2) Pas de déficit structurel, pas de fardeau fiscal. L’architecte du Masterplan de Sion 2026 rappelle que le plus grand danger des candidatures olympiques est de négliger l’aspect durable et réutilisable de leurs installations. Et si cette question n’est pas abordée tout au début du projet, il est quasiment impossible de la corriger. « A Sion 2026, nous avons considéré cet aspect dès l’origine, et nous sommes allés dans les plus petits détails possibles. Beaucoup de critiques entendues sur la durabilité des stades, sur la possibilité de réutiliser les installations, n’ont pas regardé ces détails et par conséquent diffusent de fausses informations. » Pour Rainer Quenzer, la quasi absence de nouvelles constructions lui permet d’affirmer que « le danger de ne pas pouvoir tenir le budget des infrastructures et pratiquement nul. Je peux assurer que notre projet ne laissera pas de fardeau fiscal. » Le redimensionnement des enceintes, la simplification des procédures, la possibilité d’utiliser des sites existants dans les endroits les plus adéquats, tout cela permet d’avoir un projet où les infrastructures temporaires coûtent 700 millions de francs moins cher que pour la candidature grisonne aux Jeux de 2022, explique Quenzer.

Il ajoute que la seule édition des Jeux qui s’appuyait aussi sur une majorité de sites existant et adaptés pour l’occasion a dégagé un très gros bénéfice opérationnel : Los Angeles, en 1984, a gagné 215 millions de dollars.


3) Des capacités adaptées à la région, des lieux adaptés aux sports. Les Jeux s’adaptent à la région, et non plus le contraire. La phrase n’a rien d’un slogan lorsqu’on regarde attentivement le dossier de Sion 2026. Un exemple ? Pour le biathlon, 3000 places assises et 3000 places debout sont prévues aux Diablerets. Cela peut paraître juste eu égard à la popularité de ce sport, mais c’est en adéquation avec les accès à la station. « A la place de construire une nouvelle route, nous réduisons la capacité, explique Rainer Quenzer. Et nous en avons discuté ouvertement avec le CIO. Il se passe vraiment quelque chose, même si certains ne veulent manifestement pas le croire. Je peux vous l’affirmer : le CIO nous a encouragé à aller encore plus loin que nous le pensions dans le redimensionnement. Les projets frappés de gigantisme n’ont plus aucune chance. » Autre élément important : aller pratiquer les épreuves là où des infrastructures existent et où la discipline est populaire – Engelberg et Kandersteg pour le saut à ski, Saint-Moritz pour le bob, et pourquoi pas la Hollande pour le patinage de vitesse ? « Nous avons plusieurs solutions en vue pour le patinage de vitesse. Une halle industrielle convertible à Aigle, une possibilité de réaliser les épreuves en plein air en Suisse, ou alors d’aller aux Pays-Bas. Pourquoi pas ? Personnellement, je trouverais passionnant de voir se dérouler les épreuves de patinage de vitesse dans la Mecque de ce sport, et l’Agenda 2020 le permet. » Rainer Quenzer ajoute que Sion reste la ville hôte, le cœur des Jeux est le Valais, mais que « tout est relativement près en Suisse ».

4) L’investissement de la Confédération est une chance durable. Rainer Quenzer sourit lorsqu’il entend certains dire que le milliard de la Confédération pourrait être mieux investi. « Sans Jeux Olympiques, il n’y aura pas de milliard, c’est tout. On avait dit la même chose avant le refus de la candidature des Grisons, et on n’a rien vu venir, rien ne s’est passé. » Le spécialiste précise que des projets d’infrastructures durables, comme ceux planifiés en Haut-Valais, dans la vallée de Conches (ski de fond) ou à Fiesch (centre de vacances), se feront sans doute sans les Jeux, mais bien plus tard ou par étapes. « Les Jeux sont un catalyseur. Ils commencent sept ans avant les épreuves proprement dites. Cela touche à des questions d’avenir pour les gens qui vivent dans ces régions. On parle trop souvent des exemples négatifs relatifs aux Jeux Olympiques. Regardons aussi tout le positif : Los Angeles et son bénéfice de 215 millions de dollars en 1984, Barcelone et le développement touristique de la ville en 1992, Lillehammer qui dispose depuis 1994 d’un centre de sports d’hiver qui attire les nations du monde entier, Turin qui s’est beaucoup développée touristiquement depuis 2006, et Vancouver qui a vu en sept ans de préparation olympique des investissements massifs se concrétiser. »

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