22 mai 2018 -
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Les Jeux du renouveau ? Une affaire suisse.

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22 mai 2018 -
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Les Jeux du renouveau ? Une affaire suisse.

Les derniers Jeux Olympiques à avoir eu lieu sur sol suisse datent de 1948 – il y a exactement septante ans. Et autant la candidature de Sion2026 est basée sur une envie de retrouver l’essence de ce rendez-vous mondial, en ramenant les Jeux dans leur berceau alpin, autant les Jeux de Saint-Moritz de 1948 portaient l’espoir d’un renouveau. Qui allait bien au-delà de l’olympisme.


Car la planète sortait tout juste de la terreur et de la désolation de la Deuxième guerre mondiale. Les Jeux d’hiver, nés en 1924 à Chamonix, n’avaient eu lieu que quatre fois, la dernière à Garmisch-Partenkirchen en 1936, dans une ambiance nationaliste exacerbée. Ensuite, le déclenchement des hostilités annihile les éditions prévues à Sapporo en 1940 et à Cortina d’Ampezzo en 1944.


Au sortir du conflit mondial, le mouvement olympique doit impérativement mettre sur pied des Jeux, il sent que sa survie en dépend. Une troisième olympiade sans compétitions serait sans doute fatale à tout l’édifice. Mais la situation est compliquée. Les plaies de la guerre sont encore béantes – politiquement, mais aussi humainement. La Finlande, parmi d’autres, a perdu nombre de ses champions au combat.


Juste après la fin de la Deuxième guerre, seules deux candidatures émergent pour les Jeux d’hiver de 1948: Lake Placid, aux Etats-Unis, et Saint-Moritz. L’hypothèse américaine ne résiste pas à l’analyse pragmatique du moment. Les comités olympiques européens sont exsangues, et n’auraient pas les moyens de payer le déplacement transatlantique. Et puis, la question de tenir les Jeux en territoire américain comporte un risque politique majeur. Mieux vaut un terrain neutre.


C’est le premier atout de la station grisonne, mais pas le seul. Saint-Moritz a déjà organisé les Jeux Olympiques, vingt ans plus tôt. Et déjà à cette époque, la question de la réutilisation de sites existants a son importance. Pour des raisons de coûts et d’expérience. Un vote postal est organisé par le CIO le 14 février 1946, dont le résultat ne sera révélé que le 6 septembre, lors de la 40e session, où les 26 membres présents entérinent le choix de Saint-Moritz.


Ces premiers Jeux d’hiver de l’après-guerre, que l’on surnommera « les Jeux du renouveau », seront tout sauf un long fleuve tranquille. Qui inviter à participer ? Les pays qui possèdent un Comité national olympique, mais pas les pays occupés – les défaits du conflit mondial. Ni Allemagne, ni Japon, donc, mais l’Italie est présente. L’URSS aurait pu l’être, parce qu’elle a été reconnue par le CIO, mais elle préfère envoyer une délégation d’observateurs pour jauger les performances des athlètes des autres pays et estimer sa propre puissance. Il faudra attendre 1951 pour que l’URSS demande sa pleine intégration au CIO.


L’imbroglio du hockey

Parmi les controverses qui émaillent ces Jeux, la question de l’amateurisme et du professionnalisme éclate via le tournoi de hockey sur glace, auquel deux équipes américaines différentes participent après un imbroglio qui relève du casse-tête. Deux fédérations, l’Amateur Hockey Association (AHA) et l’Amateur Athletic Union (AAU), revendiquent le droit de représenter les Etats-Unis. Les instances dirigeantes du sport olympique ne sont pas d’accord entre elles : le CIO et le comité national américain estiment que l’AHA n’est pas éligible parce qu’elle émane des propriétaires de patinoires où se déroulent des matchs professionnels, tandis que le Comité olympique suisse et la Fédération internationale de hockey (IIHF) pensent exactement le contraire – l’AHA régit le sport aux USA, donc l’AAU n’est pas représentative.


Les deux équipes se rendent en Europe, l’une par voie des airs, l’autre par bateau, et après moults péripéties que raconte très bien le chercheur canadien Eric Pilote, qui a consacré un article détaillé à cet épisode (http://sportetsociete.ca/2018/02/12/les-5es-jeux-olympiques-dhiver-1948-saint-moritz-suisse/), le tournoi finit par se dérouler à l’insistance du comité d’organisation, qui compte sur le hockey pour rentrer dans ses frais. L’AHA participe mais « pour beurre », et la dispute aboutit à la rupture entre le CIO et l’IIHF… la grogne durera trois ans.


Mais ni cette péripétie, ni les aléas d’une météo trop clémente qui fait fondre glace et neige et soumet les organisateurs à rude épreuve, n’auront raison d’un bilan très positif. Les Jeux d’hiver 1948 de Saint-Moritz relancent le mouvement olympique et voient un accroissement de leur intérêt public et médiatique décisif.

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